Fiche de la bonne pratique

Titre Contribution à la réduction des EGES et de la pression sur les ressources naturelles à travers l’utilisation de l’énergie solaire aux fins d’éclairage des accès et des sites des unités d’hébergement touristiques implantéss dans le milieu de la réserve de biosphère d’arganeraie
Description

Motivation :

On assiste dans la zone de développement de cette pratique (la RBA) à une forte pression exercée par les riverains qui utilisent les ressources naturelles comme source d’énergie pendant la période hivernale. Avec l’implantation des unités touristiques dans les arganeraies de montagnes, cette pression risque de s’intensifier vu le besoin important de ces unités en énergie pour assurer le confort à leurs clients pendant la saison hivernale qui est l’une des périodes touristiques les plus importantes dans le Souss Massa. Plus l’activité touristique augmente plus le recours aux ressources énergétiques (Bois, butane) est important avec toutes les conséquences écologiques négatives que cela entraine (émission de gaz à effet de serre, perte de la biodiversité etc.).

 

Consistance :

Cette pratique consiste à équiper les établissements touristiques relevant du RDTR implantées dans le Haut Atlas occidental par des chauffes eau solaire, en guise de réponse aux pressions mentionnées ci-dessus.  En termes opérationnels, la pratique véhiculée par cette initiative a consisté à : (i) intégrer l’énergie solaire comme source d ‘énergie alternative aux unités touristiques relevant du RDTR ; (ii) contribuer à l’atténuation du réchauffement climatique à l’échelle du Souss Massa ; et (iii) contribuer à la préservation des ressources de la RBA.

 

Bénéfices reçus par les participants et les communautés* :

  • L’intégration du solaire dans les gîtes ruraux a fait que les gîteurs ont complétement exclu la possibilité de recourir aux ressources ligneuses et considèrent sérieusement de se passer totalement des autres sources d’énergie fossiles (gaz et électricité) pour le chauffage de leurs unités touristiques si les performances enregistrées se font confirmées sur le moyen et long terme ;
  • Une économie substantielle a été enregistrée dans la consommation du butane au niveau des établissements qui avaient recours à cette source ;
  • Comme le butane est acheté des grandes villes, une économie de temps et d’argent relatifs au transport des villes avoisinantes jusqu’aux gîtes a été également notée;
  • Les gîteurs qui utilisaient le butane, n’ont également plus le souci de stockage des bombonnes de réserve (contrainte d’espace et de sécurité) ;
  • En se passant du butane, les risques d’incendie et autres incidents liés à la manipulation des bombonnes de gaz sont également écartés ;
  • La substitution du butane par le solaire a aussi une incidence positive sur l’hygiène et la propreté;
  • L’acquisition des chauffe – eau solaires ES a déclenché une prise de conscience chez le personnel et les gérants des gites sur l’importance du solaire en tant que source énergétique aux énergies fossiles (butane et électricité).

 

Installation typique sur la terrasse d’une auberge*

Parmi les risques à éviter : Risque d'ombrage le matin par la parabole et en fin d'après midi par la citerne d'eau*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* : Certains propos sont extraits du rapport d’évaluation de l’initiative « Promotion des énergies renouvelables et économie d’énergie au sein du RDTR pour la mise en œuvre d’une politique zéro carbone », préparé par Moha Cherkaoui en 2019

 

Potentiel d'atténuation

Cette pratique permet une réduction significative des de CO2 Eq. Elle constitue ainsi, modèle qui développe les mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES), par les unités d’hébergement touristiques en milieu rural.

 

Sachant que le pouvoir calorifique[1] d'un Kg de butane est de 12,7 KWh et qu’en moyenne la quantité de CO2 Eq/KWh est de 0.260 Kg (0,004 pour le KWh hydraulique et 1 pour le KWh de charbon)[2], une bouteille de 12 Kg fournira donc une énergie équivalente à 152,4 KWh soit 624 Kg CO2 Eq. En prenant comme exemple, le cas de l’auberge Zolado qui consommait 8 bouteilles de butane par mois, l'évitement sera à hauteur de 316,992 Kg CO2 Eq par mois. Soit une économie annuelle de 3803,904 Kg de CO2 Eq.

 

Théoriquement, avec une consommation similaire au niveau des 33 autres unités concernées par le projet, on peut atteindre une économie de 95097,6 Kg de CO2 Eq évité. La mise à l’échelle maximisera la quantifié des émissions évitées.

 

[1] il s'agit ici du pouvoir calorifique inférieur ne tenant pas compte de l'énergie dégagée par la condensation de l'eau de combustion

[2] Au Maroc le KWh électrique actuel produit environ 0.7 Kg de CO2 Eq.

Potentiel de réplication / mise à l'échelle

Cette pratique a un grand potentiel de réplication et d’intégration plus large du solaire dans les activités des établissements touristiques (cuisine, chauffage interne etc.). Elle est aussi en mesure d’être transférée aux habitants des villages avoisinants, communes, associations et écoles.

 

Selon le RDTR le chauffage solaire sera disséminé à trois niveaux : (i) au sein du réseau pour convaincre ses membres à s’investir davantage sur le recours au solaire comme énergie alternative aux sources fossiles ; (ii) indirectement auprès du personnel des gites et des habitants des villages avoisinants où le chauffage solaire n’est pas encore commode ; et (iii) auprès des clients qui visitent les gites et vont devoir noter et apprécier la qualité de la prestation de service pour l’eau chauffée avec des panneaux solaires.

 

Un autre facteur facilitant la réplication et la mise à l’échelle de cette pratique réside dans le fait que les réalisations et les acquis sont déjà communiqués à travers le site de l’association, les réseaux sociaux, les brochures et les rapports publiés par le Réseau ainsi que lors des émissions radio et spots publicitaires qui sont réalisés d’une façon continue par le réseau. L’engagement du RDTR dans les énergies renouvelables d’une façon générale et le  solaire photovoltaïque d’une façon particulière prendra une position plus prononcée dans la charte de qualité

Conditionnalités de sa durabilité

Les principales conditions de durabilité de la pratique sont :

  • Le renforcement des gîteurs qui ont installé leurs CES en vue de faire face à la problématique de l’entretien des équipements dont notamment le dépôt des poussières et l'encrassement des capteurs considérés comme deux défaillances qui peuvent réduire considérablement les performances des unités de chauffages solaires.
  • La viabilité de la performance technologique
  • La création des activités génératrices de revenu en développement les métiers et entreprenariats verts chez les jeunes notamment pour la maintenance des équipements
  • Le Suivi & évaluation des performances des unités de chauffages (Factures d’électricité, nombre de bouteille de butane etc.).